Réunions de Printemps : le Président de la Banque Mondiale sonne l’alerte… « il faut aider les pays à faire face à de multiples crises ».

0
177

Les Réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international ont eu lieu cette année dans un contexte marqué par une conjonction de crises mondiales. La guerre en Ukraine est venue en effet aggraver une situation déjà rendue difficile par l’inflation, la COVID-19, le changement climatique et la dette, mais aussi par la montée de la fragilité et des conflits dans un grand nombre de pays.

Ce sont les pays à revenu faible et intermédiaire qui seront les plus durement touchés, a indiqué le Comité du développement dans une déclaration publiée vendredi. Et surtout leurs populations les plus vulnérables, à savoir notamment les femmes et les enfants, a ajouté la présidence de ce forum conjoint qui réunit les ministres des 189 pays membres des deux institutions. Alors que les pays risquent encore de pâtir de la pandémie et d’un déploiement inégal des vaccins, les tensions géopolitiques affectent l’investissement, le commerce et la croissance, mettant en péril la reprise économique.

Vous pouvez compter sur nous, de même que nous comptons sur vous pour promouvoir des approches innovantes sur le front du développement. C’est là que nous pouvons gagner les batailles contre les nombreuses crises auxquelles nous faisons face.

David Malpass, Président du Groupe de la Banque mondiale.

Lors de son allocution devant le Comité, le président du Groupe de la Banque mondiale s’est attardé sur l’impact de ces crises sur l’économie mondiale. David Malpass a évoqué les atrocités commises contre les populations civiles en Ukraine et les effets dévastateurs des pertes en vies humaines et de la destruction des moyens de subsistance causées par la guerre. Ce conflit entraîne des répercussions dans le monde entier, au détriment des populations les plus vulnérables, qui subissent de plein fouet la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires, en particulier en Afrique et au Moyen-Orient. « La guerre doit cesser maintenant », a déclaré le président Malpass.

La situation exige une action rapide, à la fois pour soutenir le peuple ukrainien et pour apporter un soutien continu et vigoureux aux pays à revenu faible et intermédiaire qui doivent faire face à ces multiples crises. Comme l’a souligné le président du Groupe de la Banque mondiale lors d’une table ronde ministérielle organisée dans le cadre des Réunions, l’institution a rapidement mobilisé plus de 3 milliards de dollars en faveur de l’Ukraine afin de soutenir le maintien des services publics essentiels, ce montant comprenant des dons, des garanties et des financements parallèles de pays donateurs.

Le président ukrainien Volodymyr Zelenski s’est également adressé aux participants. Au cours des Réunions, le Groupe de la Banque mondiale a présenté un document d’orientation détaillant l’approche qui permettra de soutenir au mieux le pays et sa population ; le coût des dommages causés aux bâtiments et aux infrastructures de l’Ukraine est estimé actuellement à 60 milliards de dollars.

Lors d’une rencontre avec la presse (a) qui a donné le coup d’envoi des Réunions, David Malpass a indiqué que le Groupe de la Banque mondiale travaillait à la mobilisation d’environ 170 milliards de dollars de financements (a) pour faire face aux crises et répondre aux besoins de ses pays clients entre avril 2022 et juin 2023. Cet appui s’inscrit dans la continuité des efforts déployés rapidement par la Banque face à la COVID-19, avec 157 milliards de dollars alloués sur une période de 15 mois pour aider les pays à faire face aux conséquences sanitaires, économiques et sociales de la pandémie.

Alors que la guerre en Ukraine et ses répercussions étaient au premier rang des préoccupations, les Réunions de printemps ont également été l’occasion d’une série d’événements publics conçus pour promouvoir le dialogue sur les grands défis du moment pour le développement. Les responsables publics, experts, influenceurs et autres acteurs clés se sont penchés sur les enjeux de la révolution numérique, de l’action climatique, du commerce et des subventions, de la fragilité, de la dette et du capital humain. Voici les principaux points à retenir de leurs discussions :

  • Les technologies numériques transforment de nombreux emplois et services ; elles peuvent contribuer à favoriser la croissance et la prospérité à long terme, ainsi qu’à renforcer la résilience aux crises. Pourtant, un grand nombre d’habitants dans les pays en développement ne sont toujours pas connectés ou ne bénéficient pas encore des avantages du numérique. Un engagement collectif des secteurs public et privé est nécessaire pour combler cette fracture et construire une économie numérique équitable pour tous.
  • Pour relever les défis du changement climatique comme ceux du développement, il est indispensable de transformer les engagements de haut niveau en actions réelles et tangibles, ce qui passe notamment par des investissements à grande échelle dans la transition bas carbone et le renforcement de la résilience.
  • Les économies fragiles et touchées par des conflits ont besoin d’investissements et d’un secteur privé dynamique pour créer des emplois, générer de la croissance économique et développer les infrastructures. Face à la crise mondiale que constituent les déplacements forcés, on peut permettre aux réfugiés de contribuer à la prospérité sociale et économique grâce à des politiques et des investissements qui favorisent leur inclusion.
  • Si l’on veut faire en sorte que les emprunts contractés par les pays bénéficient au développement, il faut permettre une restructuration rapide de la dette, appuyer des réductions à moyen terme lorsque le fardeau de la dette n’est pas soutenable, et mettre en place de meilleures pratiques afin d’assurer la viabilité des emprunts futurs, une plus grande transparence et une responsabilité accrue dans les accords de prêt.
  • Les pays ont fait preuve d’innovation dans le développement et la protection du capital humain — l’ensemble des ressources en connaissances, en compétences et en santé dont les individus ont besoin pour réaliser pleinement leur potentiel. Alors que la COVID-19 a effacé une grande partie de ces avancées, un engagement politique et un financement soutenus sont nécessaires pour consolider le capital humain et soutenir une croissance plus forte et plus inclusive.

Le président du Groupe de la Banque mondiale a exhorté les pays à prendre des mesures pour éviter une crise alimentaire mondiale, maintenir l’ouverture des marchés et encourager les apports d’investissements. Les pays doivent élargir les portefeuilles d’investissements et éviter une concentration des richesses et des revenus dans les mains d’un petit segment de la population, a souligné David Malpass. Et de noter également que la sécurité, la stabilité et la paix nécessitent des efforts constants pour renforcer les institutions, réduire les inégalités et relever les niveaux de vie. Des efforts que le Groupe de la Banque mondiale est déterminé à soutenir, a conclu le président Malpass : « Vous pouvez compter sur nous, de même que nous comptons sur vous pour promouvoir des approches innovantes sur le front du développement. C’est là que nous pouvons gagner les batailles contre les nombreuses crises auxquelles nous faisons face. »

Source/ site Banque Mondiale.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici